Comme chaque année, l’arrivée des premiers frimas d’octobre rime chez moi avec hibernation. Ce retrait quasi autistique ne fait qu’empirer lorsque je contracte le virus « ToumFaiChier ». Particulièrement virulent dès le fameux dimanche du changement d’heure, il se traduit par un dégout de toutes activités socio-culinaro-sexo-(ehoui)-culturo-hispano sportives et introduit dans mon langage de nouvelles formulations rarement utilisées le reste de l’année telles que « t’façons… », « à quoi bon » ou encore « j’ai pas d’amis ».
Il va sans dire que la gnaque, la pêche, la patate, le jus, le move, le groove, le mojo : tout cela c’est mort pour quelques semaines. Alors vous ne vous étonnerez guère de mon silence blogueur depuis plus d’un mois. Et vous ne me poserez pas de question non plus parce que c’est assez dur comme ça.
Heureusement, il existe de petits miracles du quotidien qui vous redonnent goût à la vie. Chez nous, le miracle, c’est la saucisse. Mais comme on est un peu compliqués sur les bords, ce n’est pas la saucisse de mon boucher Roberto qui éclaire nos minois de trentenaire. Non, je parle de la vraie saucisse, celle qui a vu naître mon chéri, et dont je raffole sans rougir depuis mes années Erasmus à Berlin : je parle de la saucisse teutonne, la casque à pointe, la saucisse schleu, quoi. Et figurez-vous que la grand-tante allemande de chouchou a eu la bonne idée de fêter ses 90 printemps il y a quelques semaines ! L’occasion faisant le larron, nous avons sauté dans le premier vol Ryanair venu pour nous rendre dans la région du Lac de Constance, salivant dès l’embarquement à l’idée des montagnes de saucisses, jarrets de porc braisés, boulettes de viande et spätzle qui nous attendaient.
Nous ne fûmes pas déçus. Peut–être aurions nous dû d’ailleurs penser à nous faire sponsoriser par « citrate de bétaïne » pour ce week-end gourmand prolongé, où nous avons probablement passé 90% de notre temps à table. Mais quel bonheur, toutes ces digestions un peu pénibles ! Quel joie de retrouver de la vraie charcuterie, du pain croustillant, sans parler de la bière et des fromages… j’en ai les larmes aux yeux.
Alors voilà, il a suffi de quelques jours à l’étranger, dans une région magnifique verte et valonée, pour me redonner goût à la vie ici. Car on a beau dire, j’ai beaucoup de chance d’être femme au foyer dans un charmant village de montagne, d’être (de très très loin) la moins ridée de ma rue, et de pouvoir dire bonjour à tous les gens que je croise lorsque je vais faire les courses à pied (c’est-à-dire 2 fois), parfois, mon ancienne vie me manque. En fait, ce n’est pas tant le rythme hystérique parisien que la bouffe. Les boulangeries me manquent, les 10 milliards de fromages au lait cru, la bonne entrecôte, les produits bio (ça, c’est mon côté bobo)… Ici, tout cela est difficile à trouver bien sur, même s’il existe évidemment en Espagne des tas de bons produits. Mais pas dans mon village, où le niveau de vie n’est pas super élevé, il faut vraiment creuser pour dénicher un vrai bon rapport qualité prix. A Alicante, on a déjà beaucoup plus de choix. Le mercado central, c’est un bonheur, il faudra que je vous en parle d’ailleurs bientôt, puisqu’à deux semaines du réveillon c’est le lieu incontournable pour toute maîtresse de maison à caddie qui se respecte (catégorie dont je fais à présent partie, la blouse à fleurs en moins).
Maintenant que le virus cité plus haut est sur le point de quitter notre maison – jusqu’à l’année prochaine – je retrouve à nouveau le plaisir de cuisiner. Mais, à moins de tuer un cochon et de démarrer notre propre charcuterie, je ne me suis pas lancée dans la saucisse de Strasbourg. J’essaye en revanche de cultiver quotidiennement un esprit culinaire franco allemand décomplexé, tout en recréant une petite ambiance de Noël strasbourgeois dans la maison. J’ai donc repris l’habitude de faire mon pain moi-même, on a arrêté de mettre de l’huile d’olive dans tous les plats et de manger du jamon serrano à chaque repas, et je me suis mise à la préparation de petits biscuits de Noël. Lorsque nous étions en Allemagne, j’ai acheté un petit bouquin de cuisine qui propose une dizaine de recettes de gâteaux aromatisés à la cannelle, au gingembre, à l’anis étoilé… Des saveurs pleines de nostalgie pour mon chéri, dont les yeux brillent de gratitude lorsque je pose la belle assiette de cookies encore tièdes entre les bougies et la couronne de sapin joliment décorée de nœuds rouges. Ou peut-être est-ce l’habit traditionnel bavarois que je revêts chaque soir qui lui rappelle quelque Gudrun rencontrée dans une autre vie ? Je ne sais pas. En tout cas, nous nous réjouissons de notre premier Noël ici, un Noël inédit, aux couleurs de nos 3 pays – d’adoption et de cœur.
Petits palets allemands au citron (sans beurre !!!)
Pour environ 30 biscuits
- 2 œufs
- 80 gr de sucre
- 1 citron
- 100 gr de farine
- 80 gr de sucre en poudre
- 100 gr de sucre glace
Mélanger les œufs, 80 gr de sucre et l’écorce finement râpée du citron ainsi que le jus d’une moitié de citron pendant environ 8 minutes, jusqu’à ce que le mélange soit bien crémeux. Ajouter la farine tamisée en petites quantités en soulevant délicatement avec la spatule. Une fois les ingrédients bien mélangés, disposer de petites cuillérées de pate sur la plaque du four préalablement recouverte d’une feuille de papier cuisson. Ne pas oublier de laisser suffisamment d’espace entre chaque petit tas. Faire cuire au four environ 7 minutes à 200 degrés. Stopper la cuisson dès que les bords des biscuits ont bruni.
Préparer le glaçage en mélangeant 100 gr de sucre glace et 3 cuillères à soupe de jus de citron. On peut alors glacer les biscuits refroidis au pinceau par exemple. J’y ai rajouté quelques pépites de couleur pour faire joli et encore plus allemand.


Vive les Bredele!
Je pense que le coup de mou hivernal est passé, et te souhaite une bonne arrivée de l’été!
Eh oui, c’est bientôt!!
Délicieux blog, et très mignon!
Un delice de petits palets allemands c’est un régal merci pour votre recette